Des témoignages recueillis par Eve Herrmann
Chaque année nous avons la grande chance de voir de plus en plus d’élèves donner de leur temps pour animer des clubs, source d’une grande richesse pour la communauté de Clonlara.
En plus d’offrir un lieu d’échanges et de rencontres, de partages et de découvertes, animer un club apporte beaucoup à l’élève qui en prend la responsabilité.
C’est une chose d’avoir l’idée et la volonté de créer un club, d’aller jusqu’à imaginer le déroulement possible des séances, de choisir une plateforme, un jour, un horaire, puis de communiquer pour en faire la promotion… mais c’est encore une autre chose de le faire vivre au fil des séances, de le voir évoluer et
de le faire durer dans le temps.
Comme nous le verrons dans cet article, de nombreux apprentissages sont en jeu dans la gestion d’un club, dans l’instant et sur la durée, et les bénéfices sont nombreux. Animer un club est une expérience enrichissante qui développe tout un panel de compétences, comme en témoignent les quelques élèves qui ont gentiment accepté de partager leur ressenti.
Entre leadership et co-création
Il y a tout d’abord la question de la posture qu’on adopte en temps qu’animateur ou animatrice. Prune et Séraphine disent qu’elles n’ont « pas vraiment l’impression d’animer un club, mais plutôt de le guider », et la nuance est importante, merci à elles de le rappeler. La posture de l’animateur n’est pas celle d’un chef de groupe, mais celle d’un guide, un facilitateur qui agi avec délicatesse et tact, avec écoute et bienveillance. Et ce n’est pas toujours facile, c’est un apprentissage complexe.
Le créateur ou la créatrice essaie de ne pas contrôler le déroulement des séances avec rigidité, il.elle oriente en proposant des pistes, des activités, des sujets de conversations, des partages… tout en se tenant toujours prêt.e à changer de direction, à accepter les idées des autres et à revoir son planning.
Un équilibre délicat à trouver entre leadership et co-création.
C’est grâce à une envie et une énergie que le club s’est mis à exister et c’est grâce à la collaboration avec les autres participants que l’idée de départ prendra vie, que le club, petit à petit construira son identité et sa richesse. Le club ne reposera pas entièrement sur vos épaules. Votre capacité à collaborer, à être ouvert.e à ce que les autres peuvent apporter l’aidera à fonctionner. N’attendez donc pas d’avoir pensé à tout (ce n’est pas possible !) pour vous lancer, votre club vivra dans la collaboration et l’adaptation.
Une posture d’ouverture et d’adaptation
Pour Agathe, « cette activité a touché plusieurs pans de [sa] vie ». Elle a appris à développer une « posture de plus en plus adaptée au déroulé des réunions, à gérer un groupe : cela demande beaucoup de diplomatie, d’assurance, d’observation… Sur ce plan cela a réellement été formateur. »
C’est à l’animateur ou animatrice de maintenir une « atmosphère de confiance et de bienveillance […] pour permettre aux participants de se sentir à l’aise pour partager. […] L’équilibre à trouver entre une activité suffisante pour engendrer la discussion tout en restant assez en retrait pour ne pas paraître trop présente et pressante est une tâche amusante, mais complexe » qui demande à être entrainée.
Erys aussi a compris que son rôle d’animatrice était de « savoir rassembler, écouter, encourager ». Et elle a réussi à animer un groupe de jeunes (parfois plus âgés qu’elle) avec bienveillance et enthousiasme !
En effet, la bienveillance et l’enthousiasme, l’énergie et les idées toutes personnelles que vous apportez dans votre club lui donneront vie, et susciteront l’envie de vous rejoindre dans l’aventure. Puis il vous faudra vous adapter. Prune et Séraphine l’ont constaté : leur club « évoluait à chaque réunion en fonction des personnes présentes ». Elles ont trouvé très enrichissant « d’échanger sur des sujets variés et de découvrir de nouvelles idées au contact des autres ». Voilà pourquoi rester ouvert et apprendre à s’adapter, ressentir l’ambiance de la rencontre sont des qualités que les animateurs et animatrices de clubs apprennent à développer au fil du temps : « Nous n’essayons pas de contrôler le déroulement du club, mais de l’orienter. Nous pouvons parfois bifurquer vers quelque chose qui n’était pas prévu au
départ […] et nous décidons alors d’en faire le sujet principal » explique Prune.
Organisation, responsabilité et engagement
Gérer un club peut également faire peur car il faut organiser, (tout ?) prévoir, ne rien oublier…, mais c’est un apprentissage tout aussi précieux que le reste. Agathe confie que cela lui a permis d’apprendre à accompagner un groupe en organisant les temps de paroles, en planifiant les sessions avec régularité, en les préparant en amont, et pendant les séances en maintenant une ambiance sereine. Elle a parfois dû oser rappeler les règles de bienveillance. Elle a développé de grandes compétences pour maintenir un
cadre, un cap, tout en étant à l’écoute des autres. Et ses mots nous rassurent, car même si « la liste des choses à penser est longue et que cela peut s’avérer inquiétant au début, une fois qu’on ose se lancer, ça devient vraiment génial ! ».
Il ne faut pas vous décourager si la mise en route est lente. Au tout début du club d’Agathe (À l’aise en papotage), il n’attirait pas grand monde, mais elle a réussi à persévérer. Quelques mois plus tard le club était plein, les participants à l’aise et elle aussi. Son club a connu un grand succès jusqu’à ce qu’elle nous quitte, diplôme en poche et fière de ses compétences gagnées, pour de nouvelles aventures.
Après vous être lancés, il faut donc tenir dans la durée, persévérer, et ne pas vous laisser décourager par les petits échecs et aléas des rencontres en direct. Au départ, ça sera peut-être un peu chaotique, les séances ne se passeront pas toujours comme vous les aviez imaginées, mais avec le temps et l’expérience, vous prendrez de l’assurance et de la confiance… ; les participants vous aideront et vous y trouverez un lieu de connexion et de partage qui vous fera grandir.
Créer et animer un club c’est s’engager dans une expérience profondément formatrice et développer des compétences précieuses : apprendre à coopérer et co-construire, apprendre à adopter une posture de guide plutôt que de leader directif, apprendre à écouter, à s’adapter et faire preuve de diplomatie… Cette expérience a permis à Agathe, Prune, Séraphine, Erys et bien d’autres, de gagner confiance en soi, et cela a participé à leur épanouissement. « C’est très enrichissant humainement » confie Agathe. En effet, animer un club c’est bien plus que proposer une activité ; « c’est tendre l’oreille quand quelqu’un lit un texte, être sincère et constructif, c’est tisser des liens, voir naître des amitiés durables… » c’est comme cela qu’Erys l’a vécu et continue de le vivre aujourd’hui avec encore plus d’assurance.
Oui, ça demande du courage de se lancer, de l’engagement et une capacité d’adaptation, mais pas à pas chacun, chacune, développe sa confiance, son assurance, son sens des relations humaines et sa responsabilité.
En fin de compte, si cette expérience peut parfois être déstabilisante et complexe, elle est profondément enrichissante et permet une croissance personnelle : celle de découvrir qu’en donnant aux autres on grandit soi-même.
Un immense merci, du fond du cœur, à tous nos élèves qui donnent de leur temps et un peu d’eux-mêmes pour faire vivre un club, et par là, enrichir notre belle communauté. Merci d’être là, d’être vous, si créatifs et créatives, généreux et généreuses. Merci !
Eve
Animer un club, un engagement riche en apprentissages
Des témoignages recueillis par Eve Herrmann
Chaque année nous avons la grande chance de voir de plus en plus d’élèves donner de leur temps pour animer des clubs, source d’une grande richesse pour la communauté de Clonlara.
En plus d’offrir un lieu d’échanges et de rencontres, de partages et de découvertes, animer un club apporte beaucoup à l’élève qui en prend la responsabilité.
C’est une chose d’avoir l’idée et la volonté de créer un club, d’aller jusqu’à imaginer le déroulement possible des séances, de choisir une plateforme, un jour, un horaire, puis de communiquer pour en faire la promotion… mais c’est encore une autre chose de le faire vivre au fil des séances, de le voir évoluer et
de le faire durer dans le temps.
Comme nous le verrons dans cet article, de nombreux apprentissages sont en jeu dans la gestion d’un club, dans l’instant et sur la durée, et les bénéfices sont nombreux. Animer un club est une expérience enrichissante qui développe tout un panel de compétences, comme en témoignent les quelques élèves qui ont gentiment accepté de partager leur ressenti.
Entre leadership et co-création
Il y a tout d’abord la question de la posture qu’on adopte en temps qu’animateur ou animatrice. Prune et Séraphine disent qu’elles n’ont « pas vraiment l’impression d’animer un club, mais plutôt de le guider », et la nuance est importante, merci à elles de le rappeler. La posture de l’animateur n’est pas celle d’un chef de groupe, mais celle d’un guide, un facilitateur qui agi avec délicatesse et tact, avec écoute et bienveillance. Et ce n’est pas toujours facile, c’est un apprentissage complexe.
Le créateur ou la créatrice essaie de ne pas contrôler le déroulement des séances avec rigidité, il.elle oriente en proposant des pistes, des activités, des sujets de conversations, des partages… tout en se tenant toujours prêt.e à changer de direction, à accepter les idées des autres et à revoir son planning.
Un équilibre délicat à trouver entre leadership et co-création.
C’est grâce à une envie et une énergie que le club s’est mis à exister et c’est grâce à la collaboration avec les autres participants que l’idée de départ prendra vie, que le club, petit à petit construira son identité et sa richesse. Le club ne reposera pas entièrement sur vos épaules. Votre capacité à collaborer, à être ouvert.e à ce que les autres peuvent apporter l’aidera à fonctionner. N’attendez donc pas d’avoir pensé à tout (ce n’est pas possible !) pour vous lancer, votre club vivra dans la collaboration et l’adaptation.
Une posture d’ouverture et d’adaptation
Pour Agathe, « cette activité a touché plusieurs pans de [sa] vie ». Elle a appris à développer une « posture de plus en plus adaptée au déroulé des réunions, à gérer un groupe : cela demande beaucoup de diplomatie, d’assurance, d’observation… Sur ce plan cela a réellement été formateur. »
C’est à l’animateur ou animatrice de maintenir une « atmosphère de confiance et de bienveillance […] pour permettre aux participants de se sentir à l’aise pour partager. […] L’équilibre à trouver entre une activité suffisante pour engendrer la discussion tout en restant assez en retrait pour ne pas paraître trop présente et pressante est une tâche amusante, mais complexe » qui demande à être entrainée.
Erys aussi a compris que son rôle d’animatrice était de « savoir rassembler, écouter, encourager ». Et elle a réussi à animer un groupe de jeunes (parfois plus âgés qu’elle) avec bienveillance et enthousiasme !
En effet, la bienveillance et l’enthousiasme, l’énergie et les idées toutes personnelles que vous apportez dans votre club lui donneront vie, et susciteront l’envie de vous rejoindre dans l’aventure. Puis il vous faudra vous adapter. Prune et Séraphine l’ont constaté : leur club « évoluait à chaque réunion en fonction des personnes présentes ». Elles ont trouvé très enrichissant « d’échanger sur des sujets variés et de découvrir de nouvelles idées au contact des autres ». Voilà pourquoi rester ouvert et apprendre à s’adapter, ressentir l’ambiance de la rencontre sont des qualités que les animateurs et animatrices de clubs apprennent à développer au fil du temps : « Nous n’essayons pas de contrôler le déroulement du club, mais de l’orienter. Nous pouvons parfois bifurquer vers quelque chose qui n’était pas prévu au
départ […] et nous décidons alors d’en faire le sujet principal » explique Prune.
Organisation, responsabilité et engagement
Gérer un club peut également faire peur car il faut organiser, (tout ?) prévoir, ne rien oublier…, mais c’est un apprentissage tout aussi précieux que le reste. Agathe confie que cela lui a permis d’apprendre à accompagner un groupe en organisant les temps de paroles, en planifiant les sessions avec régularité, en les préparant en amont, et pendant les séances en maintenant une ambiance sereine. Elle a parfois dû oser rappeler les règles de bienveillance. Elle a développé de grandes compétences pour maintenir un
cadre, un cap, tout en étant à l’écoute des autres. Et ses mots nous rassurent, car même si « la liste des choses à penser est longue et que cela peut s’avérer inquiétant au début, une fois qu’on ose se lancer, ça devient vraiment génial ! ».
Il ne faut pas vous décourager si la mise en route est lente. Au tout début du club d’Agathe (À l’aise en papotage), il n’attirait pas grand monde, mais elle a réussi à persévérer. Quelques mois plus tard le club était plein, les participants à l’aise et elle aussi. Son club a connu un grand succès jusqu’à ce qu’elle nous quitte, diplôme en poche et fière de ses compétences gagnées, pour de nouvelles aventures.
Après vous être lancés, il faut donc tenir dans la durée, persévérer, et ne pas vous laisser décourager par les petits échecs et aléas des rencontres en direct. Au départ, ça sera peut-être un peu chaotique, les séances ne se passeront pas toujours comme vous les aviez imaginées, mais avec le temps et l’expérience, vous prendrez de l’assurance et de la confiance… ; les participants vous aideront et vous y trouverez un lieu de connexion et de partage qui vous fera grandir.
Créer et animer un club c’est s’engager dans une expérience profondément formatrice et développer des compétences précieuses : apprendre à coopérer et co-construire, apprendre à adopter une posture de guide plutôt que de leader directif, apprendre à écouter, à s’adapter et faire preuve de diplomatie… Cette expérience a permis à Agathe, Prune, Séraphine, Erys et bien d’autres, de gagner confiance en soi, et cela a participé à leur épanouissement. « C’est très enrichissant humainement » confie Agathe. En effet, animer un club c’est bien plus que proposer une activité ; « c’est tendre l’oreille quand quelqu’un lit un texte, être sincère et constructif, c’est tisser des liens, voir naître des amitiés durables… » c’est comme cela qu’Erys l’a vécu et continue de le vivre aujourd’hui avec encore plus d’assurance.
Oui, ça demande du courage de se lancer, de l’engagement et une capacité d’adaptation, mais pas à pas chacun, chacune, développe sa confiance, son assurance, son sens des relations humaines et sa responsabilité.
En fin de compte, si cette expérience peut parfois être déstabilisante et complexe, elle est profondément enrichissante et permet une croissance personnelle : celle de découvrir qu’en donnant aux autres on grandit soi-même.
Un immense merci, du fond du cœur, à tous nos élèves qui donnent de leur temps et un peu d’eux-mêmes pour faire vivre un club, et par là, enrichir notre belle communauté. Merci d’être là, d’être vous, si créatifs et créatives, généreux et généreuses. Merci !
Eve
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